PARIS, 10 mai (Reuters) - La France n'est pas engagée dans un plan d'austérité, contrairement à certains de ses partenaires européens, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy aux principaux dirigeants syndicaux et patronaux réunis à l'Élysée.

   

Le chef de l'État a cependant jugé "impératif" de redresser les finances publiques françaises pour ne pas laisser les marchés financiers remettre en cause les efforts fournis pour sortir de la crise économique internationale.

   

"Dans le cadre de l'effort de stabilisation des marchés que nous avons entrepris ce week-end, un certain nombre de nos partenaires, les plus menacés, ont annoncé des mesures d'austérité", a dit le chef de l'État, selon le texte de son intervention diffusé par l'Élysée.

   

"Certains voudraient voir une inflexion similaire dans notre politique économique. Je veux m'inscrire en faux contre cette interprétation", a-t-il poursuivi.

   

Redresser les finances publiques est "normal et souhaitable" avec la reprise, a cependant estimé Nicolas Sarkozy.

   

"Nous devons mener, non une politique de rigueur, mais une politique responsable. C'est un enjeu de crédibilité", a-t-il fait valoir.

   

Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé jeudi, sur fond de crise de la dette grecque, un gel en valeur des dépenses de l'Etat pendant trois ans pour tenir l'objectif d'un déficit public ramené à 3% du produit intérieur brut en 2013.

   

Il a nié qu'il s'agisse d'un plan de rigueur ou d'austérité, comme l'en accuse l'opposition de gauche.

   

Des dirigeants de la majorité n'utilisent cependant pas ces précautions oratoires.

   

"Moi, le mot que j'utilise c'est le mot de 'rigueur'. Après tout, on n'est pas là pour se battre sur les mots", a ainsi dit le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé, sur Europe 1

   

L'ancien Premier ministre Alain Juppé a aussi utilisé le mot et insisté, sur son blog, sur "l'absolue nécessité" de veiller à ce que la "rigueur s'accompagne d'une forte exigence de justice".